Le web participatif a fait naître des nouveaux maîtres de la vulgarisation de l’information. Si certains voient en eux des marginaux sociaux, d’autres par contre les considèrent comme des héros de la libération de l’information et de la connaissance.

Les « hackers » : Qui sont-ils?

« Les hackers » puisqu’il s’agit d’eux, sont des personnes qui utilisent leurs connaissances de la sécurité informatique pour en rechercher et en exploiter les faiblesses.
Le «hacker » se distingue du «cracker » en ce sens que la finalité de ses actions se situe dans un cadre légal. Le web social et  la nécessité de participation ont libéré le potentiel amateur de ces personnes en de véritables chevaliers défenseurs de l’information y compris les plus critiques. Comprendre le système de croyances implicites des hackers permettra d’acquérir la vision de leurs actions.

Les « hackers » et l’éthique

Steven Levy mentionne dans son livre “Hackers: Heroes of the Computer Revolution”, les principes faisant office d’éthique dans la communauté des « hackers ».

  • Vous devez obéir à l’impératif de la pratique : l’accès aux outils qui permettent de comprendre le fonctionnement du monde devrait être total et illimité.

Il s’agit de déployer tous les moyens, connaissances et expériences pour accéder et prendre le contrôle total des outils détenant des informations utiles au plus grand nombre afin de les rendre disponibles. Pour la communauté :

Tous les moyens sont bons quand ils sont efficaces.

Citation de Jean-Paul Sartre , L’Être et le Néant [1943]

  •  Toute information devrait être libre et gratuite.

Cette règle met l’accent sur le caractère d’ouverture qu’explique Eric S. Raymond dans le cours INF6017, où le principe de base est de distribuer librement les éléments qui donnent lieu à la connaissance. Chez les « hackers », l’information doit être libre et gratuite  contrairement à l’idéologie dominante dans laquelle, elle est commercialisée.

  •  Méfiez-vous de l’autorité et faites la promotion de la décentralisation.

L’organisation des hackers en mode déconcentré, débarrassée des hiérarchies préétablies permet de s’affranchir des conséquences y relatives à l’instar de l’honneur de la position, des querelles de chefferie, etc…

  •  Les hackers devraient être évalués par leurs actions et non par des critères factices comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou la position hiérarchique.

Dans la communauté, l’honneur s’acquière par le mérite c’est-à-dire la capacité d’accéder à des informations où qu’elles se trouvent et de les mettre gratuitement à la disposition du grand nombre.

  •  Vous pouvez créer de l’art et de la beauté avec un ordinateur.

L’on a coutume de voir en l’ordinateur un outil pour l’informatique, une machine qui calcule, stocke et restitue l’information.  Les « hackers » en voient des opportunités de création de l’imaginaire, de la peinture, de la photographie, du cinéma etc… à tel point que l’ordinateur est au centre du processus créatif.

  •  Les ordinateurs peuvent améliorer vos vies.

La vitesse de traitement rapide de l’information fait gagner du temps et d’efficacité. Les usages des ordinateurs ne sont plus à démontrer et les « hackers » l’avaient compris. Ces machines opèrent dans des domaines variés tels que la santé, le transport, l’aviation, la géomatique etc… pour améliorer un peu plus chaque jour nos vies.

  •  Comme la lampe d’Aladin, l’ordinateur peut vous obéir au doigt et à l’œil.

Bien que les « hackers » pensent que les ordinateurs ont des pouvoirs « magiques », il s’agit pour eux de travailler à produire des programmes (intelligence algorithmique) en communauté  qui doivent donner du pouvoir aux ordinateurs. Les exemples sont légions notamment dans le domaine de la robotique et de l’intelligence artificielle.

L’éthique « hacker » et la culture dominante

Le partage de l’information dont il est question dans l’éthique n’est pas pratiqué par la culture dominante qui est plus capitaliste et où l’accès à des sources d’informations est payant. Les outils d’accès à l’information sont généralement soumis à des copyrights, des brevets destinés à la commercialisation; c’est d’ailleurs le  modèle « cathédrale » de la majorité du monde commercial  que décrit Eric S. Raymond dans son article. L’organisation de cette culture repose sur des critères comme les diplômes, l’âge, l’origine où les positions hiérarchiques et professionnelles sont privilégiées par rapport à l’amateur expert.

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