Ce billet est une réaction à celui de Adrien Cherrier concernant la fin de la démocratie représentative, où il est question de la liberté d’expression et de l’apport des réseaux sociaux comme mécanisme de mobilisation de masse face à une gouvernance politique désuète et approximative.

 Il affirme que :

Le web social est un outil qui, selon moi, bouleversera les systèmes politiques désuets qui datent de l’époque coloniale. Les réseaux sociaux offrent des points de rassemblement sécuritaires pour le libre échange d’idées et permettent l’incubation des mouvements révolutionnaires. Notre démocratie représentative canadienne sera méconnaissable d’ici 20 ans. Certaines grandes avancées technologiques en seront responsables.

Je suis d’accord en ce sens que les nouveaux outils changent les dynamiques de communication entre les gouvernants et leurs citoyens comme le démontre Clay Shirky. Les gouvernants qui ne sauront pas s’adapter à cette nouvelle donne vont forcément rencontrer des difficultés.

Toute fois, j’aimerai néanmoins nuancer en précisant qu’internet est un espace ouvert où des fausses informations et l’instrumentation aux fins de manipulation des masses sont légion. La dernière actualité en date est l’élection présidentielle américaine de novembre 2016 où plusieurs informations ont circulé sur Facebook tendant à promouvoir la candidature d’un prétendant au détriment de l’autre grâce aux fausses informations.

 Concernant l’impact de l’évolution technologique sur le système politique, l’auteur estime que :

Le web sémantique permettra un accès rapide et surtout facile à l’ensemble de l’information qui peut être extraite des données contenues sur le web. Soudainement, tout le monde aura la possibilité de faire du « fact checking » en temps réel lors du discours d’un candidat électoral. Les décisions politiques pourront être répertoriées comme des « objets », partagées, discutées et analysées.

Personnellement je crois que l’accès à l’information en temps réel par un mécanisme intégré à l’homme et piloté par un membre/organe autre que les doigts et la bouche serait une avancée remarquable, je suis également optimiste.

Cependant, concernant le « fact checking », je pense que la recherche d’informations (ou de connaissances avec le web 3.0) fait partie d’une approche cognitive de résolution de problème. Bien qu’ayant une avalanche de connaissances, il reste à utiliser notre cerveau pour raisonner subjectivement ou objectivement au regard de la pluralité de ces connaissances aussi contextuelles soient telles. Par exemple en politique, choisir un candidat plutôt qu’un autre en fonction de son identité numérique ne garantit pas forcément sa réussite dans la gestion de la cité. Un autre exemple dans le management serait de constater que  l’intelligence d’affaire poussée à son paroxysme dans les entreprises ne suffit pas à garantir le succès des dirigeants.

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